Vérifier la composition biochimique d’une huile essentielle pour connaître ses différentes toxicités

Vérifier la composition biochimique d’une huile essentielle pour connaître ses différentes toxicités

Appliquée sur la peau, l’essence de Citron peut donner des tâches irréversibles, l’huile essentielle de Cannelle peut carrément brûler … Une médecine douce n’est pas forcément sans danger. Les huiles essentielles sont des produits très puissants à employer avec précaution. Certaines d’entre elle peuvent être allergisantes, photo-sensibilisantes, dermo-caustiques, neuro-toxiques et abortives, néphrotoxiques, hépatotoxiques ou bien encore hormone-like.

Avant d’utiliser une huile essentielle, il faut vérifier sa composition biochimique et ses molécules actives.

Attention : une huile essentielle peut appartenir à plusieurs familles biochimiques et cumuler les toxicités. En cas de doute, s’abstenir et faire appel à un professionnel.

Les différentes toxicités des huiles essentielles

Une huile essentielle :

  • irritante provoque une sensation de chaleur ou des démangeaisons si elle est appliquée pure.
  • dermocaustique provoque des brûlures de la peau et des muqueuses si elle est appliquée pure.
  • photosensibilisante peut provoquer des irritations ou éruptions cutanées de la peau, des rougeurs ou même des brûlures et parfois même une dépigmentation de la peau irréversible lors d’une exposition au soleil. Ces réactions sont susceptibles de favoriser la carcinogénèse.
  • neurotoxique provoque des problèmes au niveau du système nerveux, notamment des convulsions.
  • hépatotoxique altére les cellules du foie, contient des composants qui interfèrent avec les enzymes du foie ou perturbent la production de substances impliquées dans la détoxification du foie.
  • néphrotoxique enflamme et abîme les néphrons, cellules des reins. L’élimination de nombreuses substances de l’organisme, assurée par le rein, est alors perturbée.
  • hormon-like, cortison-like ou oestrogen-like, contient des molécules activant les glandes responsables de la production d’hormones ou des molécules ressemblant aux hormones et qui vont mimer leur action dans l’organisme.

Toxicité n°1 des huiles essentielles : Allergies

Certaines huiles essentielles contiennent des molécules allergènes auxquelles certaines personnes peuvent être allergiques, notamment celles ayant déjà un terrain allergique.

Quelques huiles essentielles allergisantes

  • HE Laurier noble (Laurus nobilis)
  • HE Cannelle de Ceylan et de Chine (Cinnamomum zeylanicum, Cinnamomum cassia) – Aldéhyde cinnamique
  • HE Inule odorante (lnula graveolens)
  • HE Baume de Tolu et du Pérou (Myroxylon balsamum)
  • HE Térébenthine Pinus (Pinaster)
  • HE Menthe poivrée (Mentha x piperita)
  • HE Sauge officinale (Salvia officinalis)
  • Toutes les HE de lavandes et lavandins (Lavandula)
  • HE Mélisse (Melissa officinalis)

Comment utiliser une huile essentielle allergisante ?

Les personnes ayant déjà un terrain allergique devront être prudentes et tester systématiquement l’huile essentielle en versant deux gouttes d’huile essentielle dans le pli du coude. Une réaction allergique peut se produire assez rapidement en quelques heures. Si après 48 h, aucune réaction n’est observée, il est possible de l’utiliser.

Les huiles essentielles allergisantes suivantes doivent être utilisées avec précaution, bien dosées et sur une courte période :

  • HE Laurier noble (Laurus nobilis)
  • HE Cannelle de Ceylan et de Chine (Cinnamomum zeylanicum, Cinnamomum cassia) – Aldéhyde cinnamique
  • HE Inule odorante (lnula graveolens)
  • HE Baume de Tolu et du Pérou (Myroxylon balsamum)
  • HE Térébenthine Pinus (Pinaster)

Les huiles essentielles censées combattre les réactions prurigineuses allergiques suivantes peuvent, après un usage pendant de très longues périodes, provoquer des réactions allergisantes chez le patient hypersensible :

  • HE Menthe poivrée (Mentha x piperita)
  • HE Sauge officinale (Salvia officinalis)
  • Toutes les HE de lavandes et lavandins (Lavandula sp)
  • HE Mélisse (Melissa officinalis)

D’une manière générale, une huile essentielle ne doit pas être utilisée à longueur d’année sous peine de voir, un jour ou l’autre, survenir une réaction d’intolérance et de ne plus pouvoir utiliser cette huile essentielle.

Toxicité n°2 des huiles essentielles : Dermocausticité et nécrose

Quelles sont les molécules à risque dermocaustique ?

Les huiles essentielles riches en phénols ou en aldéhydes aromatiques et terpéniques sont irritantes pour la peau et les muqueuses.

Quelles sont les huiles essentielles dermocaustiques ?

Huiles essentielles dermocaustiques à phénols

  • HE Thym (Thymus vulgaris ct thymol et ct carvacrol)
  • HE Ajowan (Trachyspermum ammi)
  • HE Giroflier (Eugenia caryophyllus)
  • HE Sarriette des montagnes (Satureja montana)
  • HE Origan compact (Origanum compactum)
  • HE Origan de Grèce (Origanum heracleoticum)
  • HE Origan d’Espagne (Corydothymus capitatus)

Huiles essentielles dermocaustiques à aldéhydes

  • HE Litsée citronnée (Litsea citrata)
  • HE Lemongrass (Cymbopogon citratus et flexuoxus)
  • HE Cannelle de Ceylan et de Chine (Cinnamomum zeylanicum et Cinnamomum cassia)

Comment utiliser les huiles essentielles dermocaustiques ?

Ces huiles essentielles doivent être diluées dans une huile végétale avant toute application cutanée et être utilisées seulement sur des zones très localisées.

Dilution :

  • 10 % pour les huiles à aldéhydes aromatiques (cinnamaldéhyde) et terpéniques
  • 20 % pour les huiles à phénols

Les peaux hypersensibles utiliseront une dilution à 20 % pour toute application d’huile essentielle.

Toxicité n°3 des huiles essentielles : Photosensibilisation

Quelles sont les molécules photo-sensibilisantes ?

Ce sont les huiles essentielles contenant des furocoumarines et pyrocoumarines.

Quelles sont les huiles essentielles photo-sensibilisantes ?

Essentiellement les huiles essentielles obtenues à partir des zestes de la famille des Agrumes, les Rutacées, soient les essences de citron, orange, mandarine, bergamote, pamplemousse …

Les huiles essentielles obtenues à partir des feuilles et des fleurs d’agrumes comme le néroli ou le petit grain bigarade ne sont pas concernées.

Et

  • Les Ombellifères ou Apiacées comme la carotte sauvage ou le fenouil
  • HE Khella (Ammi visnaga)
  • HE Angélique (Angelica archangelica)

Comment utiliser une huile essentielle photo-sensibilisante ?

L’emploi d’huiles essentielles photo-sensibilisantes est à limiter par voie cutanée et dans une moindre mesure par voie orale.

En cas d’application sur la peau ou d’absorption, il ne faut pas s’exposer au soleil dans les 6 à 8 heures suivant l’application. Il est donc recommandé de les utiliser le soir.

Toxicité n°4 des huiles essentielles : Neuro-toxicité et action abortive

Quelles sont les molécules neuro-toxiques ?

Les cétones sont des molécules aromatiques très utiles mais délicates à utiliser à cause de leur double toxicité possible : neuro-toxicité et action abortive.

Comment utiliser une huile essentielle neuro-toxique ?

Les huiles essentielles neuro-toxiques sont contre-indiquées chez :

  • les personnes épileptiques
  • les enfants de moins de 6 ans
  • les femmes enceintes et allaitantes
  • les personnes neurologiquement fragiles (personnes âgées, personnes atteintes de maladies psychiatriques)

Le risque est élevé par voie orale chez l’adulte, faible par voie cutanée.

Le non expérimenté s’interdira l’emploi de ces huiles essentielles. En cas de vertiges, nausées, vomissements, troubles du langage, signes de neuro-toxicité, il faut avaler 50 ml d’huile végétale et aller aux urgences pour effectuer un lavage gastrique.

Toxicité n°5 des huiles essentielles : Hépatotoxicité

Quelles sont les molécules hépato-toxiques ?

Les huiles essentielles à phénol (les mêmes que celles citées dans les huiles essentielles dermocaustiques) sont hépatotoxiques si elles sont utilisées sur de longues périodes ET à doses élevées.

Comment utiliser une huile essentielle hépatotoxique ?

Les huiles essentielles hépatotoxiques ne doivent pas être utilisées

  • chez les patients hépatosensibles
  • en cas de pathologie hépatique : cirrhose, hépatite, insuffisance hépatique
  • en cas d’intolérance au paracétamol

Ces huiles essentielles seront utilisées :

  • soit sur une durée prolongée, plus de 6 mois,  à doses faibles (100 mg/jour)
  • soit sur une durée courte, 10/15 jours, à doses plus élevées (500 mg à 1 gr/jour) et  être associées avec une huile essentielle hépatoprotectrice comme l’HE de Citron, l’HE de Carotte ou l’HE de Thym ct thujanol.

Toxicité n°6 des huiles essentielles : Néphrotoxicité

Quelles sont les molécules néphrotoxiques ?

Les huiles essentielles riches en monoterpènes  prises par voie orale sur de longues périodes peut enflammer et détériorer les néphrons.

Quelles sont les huiles essentielles néphrotoxiques ?

Quelques exemples d’huiles essentielles néphrotoxiques :

  • toute espèce de Pin, les Pinus
  • toute espèce de Sapin, les Abies
  • toute espèce de Genévrier, les Juniperus
  • l’HE Santal Alba et Santal Blanc, les Santalum album et australum

Comment utiliser une huile essentielle néphrotoxique ?

On évitera d’utiliser ces huiles essentielles néphrotoxiques sur une longue période.

Toxicité n°7 des huiles essentielles : Action hormon-like

Quelles sont les molécules œstrogen-like ?

Parmi les molécules à action œstrogen-like, on trouve :

  • le sclaréol, un alcool sesquiterpénique ou sesquiterpénol
  • l’anéthol,un phénol méthyl-ether
  • le viridiflorol, un alcool sesquiterpénique ou sesquiterpénol
  • le cédrol, un alcool sesquiterpénique ou sesquiterpénol

Quelques exemples d’huiles essentielles œstrogen-like

  • la Sauge Sclarée (Salvia sclarea) contient du sclaréol
  • le Fenouil doux (Fœniculum vulgare), l’Anis vert contiennent de l’anéthol
  • la Sauge Officinale, le Niaouli (Melaleuca quinquinervia viridiflora) contiennent du viridiflorol
  • le Cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens), le Cèdre de Virginie contiennent du cédrol

Quand ne pas utiliser une huile essentielle à action oestrogen-like ou phyto-oestrogène ?

Les huiles essentielles oestrogen-like ne doivent pas être utilisées en cas de cancers hormono-dépendants (cancers du sein, de l’utérus, de la prostate et des ovaires), de fibromes, de mastoses ou de pathologies liées à un excès d’œstrogènes.

En pratique, l’huile essentielle de Sauge sclarée sera :

  • conseillée en période de pré-ménopause afin de pallier la chute d’œstrogènes
  • interdite aux femmes souffrant ou ayant souffert d’un cancer du sein ou de tout cancer hormono-dépendant
Avez-vous déjà fait une mauvaise expérience avec une huile essentielle ? laquelle ?

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4 Commentaires

Geneviève 1 février 2020 - 21 h 09 min

Bonjour, Je viens d’apprendre que je n’ai pas le droit aux huiles essentielles hormones like car je suis atteinte d’un cancer du sein hormono dépendant. Tous mes produits de beauté (crème et maquillage sont naturels et donc a base d’huiles essentielles, marque kjaer Weis et tata harper en autres)
Pouvez vous m’indiquer la liste des huiles essentielles interdites dans mon ça sil vous plait? Cela m’aiderai beaucoup car c’est très compliqué de comprendre les compositions.
Merci d’avance.

Sophie 2 février 2020 - 10 h 37 min

Bonjour Geneviève,

Je suis désolée pour vous.
Oui, nombre d’huiles essentielles sont interdites lors de maladies hormono-dépendantes, certaines avec raison, d’autres par principe de précaution. Aussi, je ne peux vous faire la liste : elle serait trop longue sans pour autant être exhaustive et fiable … donc inutile et compliquée.

Je viens de regarder rapidement les 2 marques que vous utilisez. Pour Tata Harper, les quelques produits examinés comportent énormément d’ingrédients (pas tous naturels) et je comprends votre difficulté.

Ce que je peux vous proposer :
– vous inscrire à mon groupe privé Facebook « Ensemble pour une cosmétique saine » et si vous avez un doute sur une composition, vous pourrez poser une question au sein de ce groupe.
– vous conseiller lors d’une séance de coaching personnalisé pendant laquelle nous examinerons ensemble vos besoins et vos produits.

Vous pouvez m’écrire directement à sauvonsnotrepeau@gmail.com.
Espérant vous avoir éclairée, je vous souhaite une bonne journée et vous apporte tout mon soutien.

Naturellement
Sophie

Jean Luc 19 juin 2020 - 16 h 13 min

Bonjour,

Où sont les sources de toutes les affirmations qu’évoque cet article ?

Bonne journée,

Sophie 20 juin 2020 - 17 h 52 min

Bonjour Jean Luc,

J’ai fait référence à une formation en Aromathérapie que j’ai suivie.
Je ne la nommerai pas ici …
Si tu as des remarques ou des demandes, tu peux me les adresser par mail.
J’y répondrai avec plaisir.

Naturellement
Sophie

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